SÉJOUR EGYPTE-AVRIL 2020

23/02/2020

L'Egypte est incontestablement un pays dont la grande et longue histoire se conjugue  au passé comme au présent, parce qu'elle se manifeste pratiquement partout à travers ses innombrables monuments. 

La période millénaire pharaonique a vu se succéder une multitude et différentes dynasties dont les règnes ont duré plus ou moins longtemps. Ces dynasties étaient d'origine locale ou venues d'ailleurs tel que les nubiens (la Nubie étant aujourd'hui le sud de L'Egypte), les berbères du sud du Maghreb, les perses, les grecs et les romains. 

Idem pour la période islamique dont les dynasties successives ont marqué chacune son règne par la création d'un nouveau territoire pour se démarquer de la précédente, avec ses propres lieux de pouvoir et de culte. C'est ainsi pour les Fatimides au cœur de ce que l'on appelle aujourd'hui le Caire islamique, ou les Ayyoubides avec la Citadelle fondée par Salah Eddine al Ayyoubi dit Saladin, ou les Mamelouks... L'Egypte conserve à travers ses monuments les traces de toutes ces civilisations et dynasties qui ont  fait son histoire, dans l'antiquité comme au moyen âge. Pourvu que les Égyptiens leur prête toujours attention, d'autant plus que ces monuments sont une source économiques non négligeable pour le pays.

Que dire aussi de ce beau et majestueux fleuve qu'est le Nil, qui prend sa source dans le cœur de l'Afrique et traverse plusieurs pays sur plus de 6500 km pour se jeter enfin dans la méditerranée. Mis à part le rôle économique, social et politique qu'il a pu jouer et qu'il joue toujours pour le pays, il a été un facteur déterminant dans la construction des pyramides qui le longent du nord au sud. C'est par le fleuve que se véhiculaient les gros blocs de pierre qu'on allait chercher dans des carrières qui étaient toujours éloignées des sites de construction des pyramides. Il fût également une source d'inspiration pour les poètes et les romantiques tellement il offre des paysages magnifiques sur ses îlots et sur ses deux rives. Je pense entre autre au répertoire musical de Mohamed Abdelwahab, le grand artiste musicien égyptien aujourd'hui décédé, et plus particulièrement à une de ses chansons intitulée "An Nahr al Khalid" (le fleuve sacré) où il le décrit dans toute sa splendeur et sur un ton romantique.

Nous étions un groupe de 44 personnes dont un couple venu de Tunisie. Le reste du groupe était composé de personnes venues de différents départements de la région parisienne. Un groupe très homogène avec un seul enfant, une fillette devenue malgré elle la mascotte du groupe. Notre séjour s'est passé entièrement au Caire avec toutefois une journée à Alexandrie, ville agréable chargée d'histoire aussi, avec son long front de mer sur la méditerranéenne. Bien avant le Caire, elle fût fondée par Alexandre le Grand en 332 av. JC  qui la confiera  à Ptolémée de la famille Lagide, un de ces généraux avant de reprendre son périple vers l'Asie. La dynastie Lagide va régner pratiquement 3 siècles depuis Ptolémée jusqu'à Cléopâtre. Alexandrie  ainsi que l'Egypte toute entière fût par la suite dominée par les Romains puis les Byzantins jusqu'à l'arrivée des musulmans.

Le programme était riche et varié et nous a permis de découvrir en 7 jours différents  aspects du pays : historique et culturel, spirituel avec les visites des innombrables mosquées dont celle d'al Azhar, le jour du Joumou'a. Cette mosquée fût fondée au Xème siècle par les Fatimides. 

Les souks sont innombrables mais Khan al Khalil est le plus grand du Caire et mondialement connu. Il est situé en plein cœur du Caire islamique, délimité au sud par les mosquées al-Azhar et al-Hussein et au nord par la mosquée al-Hakim. Les diverses établissements de vente avec attraction et démonstration comme ceux du papyrus, du parfum exotique ou de l'artisanat n'étaient pas du reste d'ailleurs. Nous avons apprécié particulièrement celle du papyrus (les femmes vous diront le parfum aussi...) pour sa démonstration pédagogique et pour l'ambiance qui va avec. Accueil chaleureux avec café et thé, comme pour les autres d'ailleurs, puis véritable cours d'histoire avec démonstration à l'appui, la contrepartie étant l'achat d'un ou plusieurs papyrus bien entendu.... 

Le papyrus, qui à l'origine est le nom d'une plante, pousse sur les bords du Nil un peu plus au sud. Après sa disparition quasi totale, sa culture est relancée de plus belle depuis quelques années pour satisfaire aux besoins touristiques. Les boutiques de démonstration et de vente de papyrus aux diverses tailles et motifs poussent comme des champignons au Caire comme ailleurs en Égypte et sont une ressource économique importante. Le patron de la boutique qu'on a visitée, qui fait lui même les démonstrations et qui s'exprime dans un français parfait serait titulaire d'un master, en histoire je crois... Il s'est converti dans ce business parce qu'il rapporte, mais il le fait très bien. . 

Mis à part quelques couacs au début avec le restaurant de l'hôtel dont je ne donnerai pas le nom par pudeur (tout à fini par renter dans l'ordre après une ferme contestation) car l’hébergement quant à lui était parfait, le séjour fût riche à tout point de vue. Ce séjour était organisé et encadré par mes soins au nom de l'association ASCM-ECMO (Espace culturel Musulman d'Orly). 

Je ne vais pas clôturer cet article sans parler de Germine dite GIGI qui nous a servie de guide locale. Comment l'oublier celle là ! C'est une professionnelle, dans tous les sens du mot... Elle fût détachée avec le gentil Imad par l'agence avec laquelle j'ai monté le projet et nous ont accompagnés durant tout le séjour. Une pensée également pour le brave chauffeur de bus Mohamed qu'on entendait que lorsqu'il était confronté aux problèmes de stationnement avec la police (bakchich oblige...)

Sérieux, honnêteté et professionnalisme sont les attributs que j'accorde à cette agence et particulièrement à sa responsable suprême Zienab, à qui je renouvelle toute mon affection, toute ma confiance et ma reconnaissance.

Lahouari Djebbouri - Responsable du séjour