CIRCUIT ALGÉRIE MARS 2019

 Ils ont dis impossible à faire, mais avec l'aide de Dieu nous l'avons fait, nous l'avons réussi et bien savouré...!

A commencer par les participants originaires de ce pays eux même qui découvraient leur pays, ou plutôt les autres régions de leur pays pour la première fois de manière stupéfaite, habitués a se rendre durant leurs vacances que dans leur région d'origine, tout le monde était surpris et impressionné par tant de diversité et de beauté méconnues, aussi bien à l'ouest où nous avons pu visiter les villes d'Oran et de Tlemcen, qu'au centre avec Alger la blanche, ou à l'est avec le magnifique site romain de Djemila et Constantine l'antique Cirta. L'étonnement et l’émerveillement étaient à leur comble. 

Un magnifique circuit qui a marqué ces participants et qui tord le coup à bien des idées reçues sur ce pays qui le décrivent comme hostile et inhospitalier. Les Algériens ont leur caractère certes, c'est leur personnalité en somme, mais l'hospitalité et la générosité chez eux sont innées, d'un naturel déconcertant parfois tellement ceci déborde...

A travers les sites et monuments visités, nous avons pu apprendre que l'histoire de l'Algérie est grande mais méconnue. Aussi loin que l'histoire puisse remonter dans le temps, à travers les sites et monuments encore debout comme celui de Djemila, du Timgad, de Tipaza... la Rome antique s'est installée plus de 3 siècles et a bouleversée la vie tribale des autochtones. Tantôt partisans tantôt rebelles, les tribus Amazighs dans l'antiquité ont connues de grands chefs tel que Massinissa, Syphax, Jughurta, Juba 1 et Juba 2, Ptolémée et bien d'autres.

Bien plus tard à l'arrivée de l'islam, d'autres personnages comme le chef Koceila ou la reine Dhya surnommée la Kahina par les arabes ont d'abord combattu la nouvelle religion. Après eux, de nouveaux chefs comme Tariq Ibn Ziyad, le conquérant de l'Espagne, converti depuis peu et servant sous les ordres de Mussa ibn Nossaîr gouverneur du Maghreb, et plus tard Bologhine Ibn Ziri de la dynastie ziride issue de la tribu des Sanhaja et fondateur de la ville d'Alger ou Yaghmoracen le Zenète à l'ouest du pays, tous se sont illustrés en tant que musulmans en portant l'étendard de la nouvelle religion devenant ainsi ses plus farouches défenseurs.

 

Vue panoramique sur le port d'Oran depuis le plateau de Santa Cruz
Vue panoramique sur le port d'Oran depuis le plateau de Santa Cruz

 

2 jours à Oran et 2 jours à Tlemcen

Oran fût la première étape de notre circuit. A notre arrivée le premier jour, le groupe fût invité au repas du soir chez ma famille. Un véritable festin ! 

Oran est une ville avec une grande baie sur la partie ouest de la méditerranéenne. Elle fût fondée en 902 dit- on par des marins andalous qui y créent un comptoir commercial pour faire cheminer leur marchandise vers l'intérieur du pays, à Tlemcen notamment, ville qui s'est illustrée à partir du 8ème siècle déjà avec des dynasties locales et qui est devenue capitale de l'ouest algérien à l'époque zianide.. C'est durant la période de domination espagnole, puis plus tard avec les Turcs, et enfin avec la colonisation française que la ville d'Oran a supplantée petit à petit la ville de Tlemcen devenant définitivement la capitale économique et politique de l'ouest algérien.

    

Visite de la Mansourah à Tlemcen
Visite de la Mansourah à Tlemcen
Palais du Mechouar à Tlemcen
Palais du Mechouar à Tlemcen
Un véritable phénomène géologique, les grottes des Beni Aad à Aïn Fezzan dans la région de Tlemcen
Un véritable phénomène géologique, les grottes des Beni Aad à Aïn Fezzan dans la région de Tlemcen

 

Comme déjà vu plus haut, Tlemcen a été longtemps la ville dominante dans l'ouest et parfois même bien au delà du centre algérien. Sous le règne de Syphax dans l'antiquité, elle faisait partie de son royaume qui englobait toute la partie ouest du pays et dont la capitale était Siga. Plus tard, sous la domination romaine, cette ville porta le nom de Pomaria. Agadir c'est son nom d'origine berbère qui deviendra Tilimsan, toujours en berbère, et qui deviendra Tlemcen, certainement à l'époque coloniale, nom qu'elle porte encore aujourd'hui. 

Étymologiquement Tilimsan voudrait dire "Source d'eau" en Tamazight. Elle bénéficia de ce qualificatif à cause de l'abondance de l'eau dont jouit la région. A partie du 8ème siècle, à l'époque musulmane, elle tombe principalement sous le règne de Abu Qorra de la tribu berbère des Ifrenides (les Banu Ifren) puis sous les Idrissides de Fès, originaires du moyen orient et qui ont posé les bases de la monarchie marocaine actuelle..Toujours sous domination berbère, elle retombe aux mains des Zirides de la tribu des Sanhaja alors vassaux des Fatimides. 

De 1002 à 1079, ce sont les Beni Yala, branche de la tribu des Zenata qui régnèrent sur Tlemcen. Émirs berbères vassaux des omeyades d'Espagne.

la période des Almoravides commence en 1079 avec Youssef Ibn Tachfin à qui la ville doit la construction de la grande mosquée ainsi que le Mechouar. Suivra en 1143 la période Almohade avec Abdelmoumen Ben Ali originaire de Honaïn dans la région et disciple du prédicateur Ibn Toumert. C'est pendant cette période que s'affirme son expansion économique et politique. 

Tlemcen, capitale du Maghreb central, connaîtra également une période prestigieuse du 13eme au 16eme siècle avec la dynastie des Zianides, branche également de la grande tribu des Zenata . Yaghmoracen en fût le fondateur et le chef incontesté et son règne durera plusieurs décennies. Sa dynastie perdurera jusqu’à l'arrivée des espagnoles.dans l'Oranie.

      

Le monument aux Martyrs à Alger
Le monument aux Martyrs à Alger
Alger, avenue du 1er novembre. Sur la droite la placette dite Saqiat sidi Youcef
Alger, avenue du 1er novembre. Sur la droite la placette dite Saqiat sidi Youcef
Site romain de Djemila à l'Est algérien
Site romain de Djemila à l'Est algérien

 

La ville d'Alger nous accueille en plein Hirak, mobilisation pacifique de contestation populaire qui a débuté à Alger et s'est répondue dans toute le pays depuis février 2019 à ce jour. 

Nous avons tout de même pu éviter le grand rassemblement et la grande marche hebdomadaire  parce que nous sommes arrivés sur Alger en début de semaine et nous y sommes restés 3 jours. Mis à part quelques petits regroupements, particulièrement les étudiants sur la désormais célèbre place de la Grande Poste, rien n'a vraiment perturbé notre séjour, tout au contraire.

Idem à Alger, visite de la vieille Casbah, quartier historique de la ville avec un succulent repas traditionnel chez l'habitant.

Visites ensuite des autres quartiers et monuments emblématiques ou historiques de la ville, tel que le monument aux Martyrs avec sa vue imprenable sur la ville, les fameux jardins d'essais, le Palais des Raïs (Corsaires à l'époque turque) surnommé Bastion 23 au temps de la France, la place des Martyrs, la grande et vieille mosquée construite par les Almoravides ainsi que la nouvelle mosquée dite Jama' al Kebir...

Le moment qui nous a le plus marqué à Alger est incontestablement le repas chez l'habitant qui a duré pas moins de 4 heures tellement nous nous y sentions bien. Il n y avait aucune pression de la part de nos hôtes due à des contraintes d'emploi du temps ou pour d'autres raisons. La traditionnelle hospitalité algérienne s'exprimait dans tout ses états !  Si nous avions écoutés notre hôte, nous serions même restés pour le dîner. D'Ailleurs, tout le programme prévu pour l'après midi était tombé à l'eau...

le 8eme jour nous voilà à Djemila la romaine où nous avions rendez-vous avec notre guide pour les visites de la région Est du pays. C'est un ancien universitaire de Constantine à la retraite et un passionné de l'antiquité romaine.

Ce qu'on appelle communément Djemila est une cité antique située sur le territoire de la commune éponyme de Djemila, dans la wilaya de Sétif, en bordure de la région Constantinoise. Le site abrite les vestiges de l'antique Cuicul, cité romaine, classée patrimoine mondial par l'Unesco. Il ne faut pas moins d'une demi journée si l'on voudrait visiter le site tout entier. C'est dire son immensité...

Notre guide s'avère passionnant et passionné. Nous avons eu droit à de véritables cours magistraux, aussi bien à Djemila qu'à Constantine plus tard. Certainement une habitude qu'il a gardée des amphithéâtres des facultés où il a enseigné dans le passé. 

A Djemila nous y passons la journée et en début de soirée nous roulions sur Constantine où nous arrivons dans la nuit.

Au grand hôtel du Bey, nous prenons possession de nos confortables chambres après avoir avalé rapidement un léger repas dans le restaurant de l'hôtel. Une bonne nuit de sommeil en conséquence..

Constantine est le chef-lieu de la Wilaya (région) du même nom. Cette métropole est la troisième ville la plus peuplée du pays. Anciennement Cirta, capitale de la Numidie de 300 à 46 av. JC. elle passe sous domination romaine par la suite et doit son nom actuel à l'empereur Constantin Ier en 313.

Elle tombe sous domination arabe au 7eme siècle et sera intégrée successivement au royaume aghlabide de Tunisie et à l'empire fatimide, puis aux royaumes berbères ziride, hammadide, almohade et hafside. 

Par sa proximité avec la frontière tunisienne, elle fût un enjeu stratégique aussi bien pour les Romains dans l'antiquité que pour les différentes dynasties du moyen âge qui ont régné depuis le cœur de l'Ifriqiya (Tunisie et Est algérien). Ceci afin d'étendre leur domination vers l'Ouest. 

Elle deviendra sous la domination turque au 16eme siècle la capitale du Beylik de Constantine où siège le pouvoir vassale de la régence d'Alger et ce,  jusqu'à la colonisation française.

A Constantine nous avons pu visiter également plusieurs lieux et monuments historiques dont les fameuses gorges profondes avec leurs ponts suspendus qui sont une véritable merveille géologique.

Un beau et savant séjour riche en information et en émotion. 

Auteur
Lahouari Djebbouri